Saturday, 23 September 2017

La série Cobayes



C’est fait! J’ai fini la série.

Ici, j’aimerais partager avec vous mes impressions.

En premier, je dois vous dire que je suis un « fan » de l’horreur (Pas une critique littéraire).

Avec ce texte, j’aimerais vous motiver à supporter une œuvre intéressante développé au Québec par des auteurs Québécois.

Mon premier contacte se fit en voyant la couverture des livres. Sanglantes et bien juteuses, ces images m’ont tout de suite intéressé. Il n’y avait pas d’ambiguïté sur le style.

Ce qui me bloqua au début, c’est le prix de chaque tome. Il faut que je vous dise que je suis un acheteur de livre usagé. J’aime fouiller les piles de livres pour trouver quelque chose d’intéressant. Pour le prix d’un tome de la série, je pouvais me trouver 3 ou 4 livres usagé. Je trouvais que c’était un investissement important. Et j’ai décidé d’attendre.

C’est ma conjointe qui me convainquit de débuter la série et de voir par la suite si je voulais lire les autres. Alors, j’ai choisi de commencer par la première lettre du mot Cobayes. Pour ma fête, ma conjointe m’offrit le tome d’Alain Chaperon. Wow, je suis passée au travers en quelques jours. Je me suis dit que si les autres étaient aussi intéressants, hé bien j’allais avoir beaucoup de plaisir.

Je ne vais pas vous parler de ce qu’il y a dans les livres. Vous pouvez déjà trouver des critiques sur le net qui vont vous en apprendre beaucoup et il y a le site officiel qui vous propose plein d’informations en relation avec la série.

Comme je le disais au début, je ne suis pas une critique. La seule chose qui m’importe vraiment quand je lis un livre d’horreur, c’est qu’il ne soit pas endormant et qu’il me donne des émotions. Que ce soit la joie, la tristesse, la colère, le dégoût, la peur, la surprise ou le mépris, l’important pour moi c’est qu’il y ait de l’émotion.

Cette série m’a fait vivre de bon moment. Je ne regrette pas mon investissement et je recommande la série à tous ceux et celles qui aiment les histoires d’horreur.

Merci à Alain Chaperon, Yvan Godbout, Carl Rocheleau, Marilou Addison, Martin Dubé, Madeleine Robitaille et Eve Patenaude.

Merci aux Éditions de Mortagne.

En espérant que d’autres projet aussi intéressant vont voir le jour au Québec.


Wednesday, 3 May 2017

Je ne suis pas fou

Dans le cadre d'une quête pour le jeu de rôle 'Call of Cthulhu', voici un petit texte que mon personnage aurait écrit. Le contexte: 1920, ville de Arkham. 

*************


Je ne suis pas fou.

Ce n’était qu’un moment intensément lunatique. J’avais juste besoin de me déconnecter de la réalité pour être en mesure de rationaliser une partie de ce qui m’était arrivé.

Mes sombres aventures m’ont apprise que la réalité est fluctuante.

Je peux vous confirmer qu’il existe plusieurs vérités. Lorsque l’on se retrouve en face d’une version que l’on ne connait pas, c’est un choc. Chacun réagis différemment. Certains vont simplement repousser cette inconnu et continuer comme si rien ne c’était passé. Pour ceux et celles qui vont démontrer un intérêt, cette version va devenir une source créative ou destructive. De ce fait, tout le reste devient insignifiant.

J’ai découvert que l’exploration des ombres est un moyen infaillible pour perdre du poids. On se retrouve à ne plus avoir d’intérêt pour se nourrir. On perd le contact avec les activités de tous les jours. Notre attention se retrouve à être totalement investi pour essayer de comprendre ce que l’on découvre.

J’ai abandonné l’idée d’influencer les dormeurs et les insouciants. J’écris pour ceux et celles ayant une minime ouverture d’esprit.

Si vous n’avez pas d’intérêt pour les ombres, cesser votre lecture ici.

¥¥¥


À la limite de notre conscience se trouve des choses tapis dans l’ombre.

Heureusement, ne devient pas témoin qui le veut.

L’intérêt ne certifie pas le succès, mais aide beaucoup à l’atteindre.

Je voudrais humblement avouer que je n’avais pas l’intention d’y regarder. Je fais partie de ceux et celles qui sont devenu témoin sans vraiment chercher. Je n’avais jamais envisagé que la réalité pouvait être différente dans l’ombre.

Le tout débuta avec un voyage d’accompagnement vers le nouveau monde. Mon richissime ami Dr Edward Jones devait s’y rendre en relation avec son oncle Dan Dakota Jones qui venait de mourir. Il devait s’y rendre pour finaliser les papiers de successions. Un voyage que l’on envisageait comme était plaisant et rapide. Rien ne laissait envisager la suite des événements.

En Amérique, Joseph Sylverman, la personne ayant contacté le docteur Jones, nous attendait à la résidence de Dakota. Se présentant comme un ami du défunt, il nous raconta qu’il avait engagé celui-ci pour retrouve sa fille Anna.

Nous apprîmes qu’un individu amnésique avait aussi été retrouvé avec le corps de Dakota. Un russe du nom de Yuri Maslov. La situation pica la curiosité de mon ami Edward et nous poussa à vouloir en savoir plus sur ce qui c’était passée.

Yuri retrouva sa mémoire et nous raconta que Dakota et lui étaient en train d’investiguer la disparition de la fille de Sylverman. Suite à cette information, mon ami le Dr Jones décida de reprendre l’enquête de son oncle et découvrir ce qui lui était arrivé. Moi, je trouvai que l’aventure pourrait me donner de bonnes idées pour écrire une histoire.

Si seulement je n’avais pas été aussi affamé d’aventure, peut-être que j’aurais eu la présence d’esprit de ne pas m’impliquer dans cette histoire morbide.

Nous fîmes une fouille exhaustive de la maison de Dakota. Et c’est suite à la découverte d’une pièce secrète, que nous décidâmes d’aller voir le dernier endroit où il avait dirigé son enquête.

Horreur monstrueuse venu des profondeurs des abysses. Odeurs immondes et images affreuses.

Je suis désolé, je ne me sens pas assez fort pour continuer. Je dois m’arrêter d’écrire.



¥¥¥


Après un moment de repos, je reprends ma plume pour continuer.

Soyez patient avec moi. Ce petit texte n’est que le début.

J’aimerais écrire tout ce qui s’est passé. Mais je suis limité par ma capacité à décrire et comprendre ce que j’ai vécu.

Je sais que mon esprit va avoir modifié les événements. Mon esprit ne peut pas partager sans avoir accepté en premier. De ce fait, celui-ci va modifier la réalité pour me la rendre plus facile à accepter.

Je fais de mon mieux. Mes mots vont peut-être ouvrir des portes.

Des flashes et des sensations m’assailles. Je ne peux pas continuer à écrire.

Mon esprit est assailli d’informations que je ne suis pas en mesure d’accepter présentement. Je dois arrêter et me reposer.

Le Whisky, l’ingrédient qui me fait éteindre les images. C’est l’outil d’équilibre mental que moi et mes amis aventuriers ont choisi d’utiliser.

Dès que possible, je vais continuer à écrire.

¥¥¥




Je reprends la plume.

Je ne suis pas fou. C’est ce que je crois.

Comment puis-je me fier à d’autre pour évaluer mon niveau de folie. Ils n’ont pas vécu ce que j’ai vécu. Ils n’ont pas vu ce que j’ai vu.

Je ne suis pas fou.

Qu’est-ce que la folie?
Elle désigne des comportements jugés et qualifiés d’anormaux. En fait, la folie est reliée avec la condamnation de ce qui est différent.

Lorsque l’on possède des informations que d’autres non pas, on se retrouve à se faire juger sévèrement. Et le poids de la preuve nous écrase au point de se retrouver enfermé dans un asile.

Je ne suis pas fou.

J’ai peur.

Non, je n’ai pas peur, je suis terrorisé.
Je sais qu’il y a quelque chose dans le noir. Mon esprit a transformé ce que j’ai perçu. Mais je sais quand même qu’il y a quelque chose qui se cache et qui va s’en prendre à moi si je m’approche trop.

Je ne parle pas de la mort, mais de la damnation de me retrouver esclave d’un monde infernal.

La douce ignorance qui fait que l’on s’endort rapidement le soir. Elle est bien loin de moi cette belle demoiselle magique.

Il est trop tard, j’ai acquis des connaissances que je ne peux plus oublier. Mon cerveau est meurtri et ne pourra jamais revenir comme avant.

Même s’il ne m’est pas possible de parler de ce qui s’est passée, je ne peux pas l’oublier non plus.

Quand je parle de ce qui s’est passé avec mes compagnons d’aventure, la discussion est brève et sommaire. Je me suis rendu compte que l’on n’a pas tous les mêmes souvenirs. De ce fait, nous n’en parlons plus.

On garde quand même le désir de se retrouver et de partager notre passion pour le whiskey. Nous avons un lien puissant qui nous unis. Un lien ancré dans l’ombre.

Je le sens, ce qui se cache dans l’ombre veut m’y faire revenir.

Je dois prendre un moment de repos. Mon cerveau bouillonne de vision et j’aimerais mieux retrouver le doux abrutissement de l’alcool. Whiskey tu es ma médecine.

¥¥¥


Suis-je fou?

Il y a ces moments où je doute de ce que je pense avoir vécu. Je remets en question tout ce que j’ai comme souvenir. Est-ce que j’ai inventé ce qui se trouve dans ma mémoire? Est-ce que tout cela est pure imagination?

Est-ce que la folie se retrouve dans le cœur de ma mémoire?

À quoi puis-je me fier? Si mes souvenirs sont différents de ceux qui ont vécu les mêmes expériences que moi, est-ce que cela veut dire que j’ai créé ceux-ci?

Certain spécialiste de l’analyse du comportement ont parlé de l’interprétation de ce que l’on perçoit. Selon eux, nous percevons et interprétons en relation avec nos connaissances.

Comme chacun de nous possèdes des connaissances à un niveau différent, il est pratiquement impossible de percevoir la même chose. On pourrait même dire qu’il y a autant de différente réalité que de personnes ayant été témoin.

Je me dois de trouver un moyen d’immobiliser la réalité pour être en mesure de m’en servir comme preuve.

C’est en relation avec mon travail de journaliste que je me suis rendu compte que les photos pourraient servir d’immobilisation. De ce fait, je pourrais garder une preuve fixe de ce qui se passe. Cela pourrait devenir un outil puissant pour essayer d’expliquer.

¥¥¥
Silverman vient d’être contacté pour que notre petit groupe se charge d’enquêter sur la disparition de deux scientifiques en expédition archéologique.

Sans hésitation, nous allons partir vers une autre aventure. Une bonne dose de whiskey est prévue pour nous aider.

Je laisse ici ce texte en espérant qu’il aide quelqu’un d’autre à mieux comprendre ce qui se cache dans le noir.

Je suis désolé de ne pas pouvoir vous en dire plus. Je ne suis pas certain de ce que je sais. Je doute de mes souvenirs.

En espérant que mes aventures avec Mr Jones, Silverman et Maslov vont vous apporter quelque chose.

Jacob Finch

Doctor in English Literature from the University of Manchester

Saturday, 18 February 2017

Le Cadeau

Voici une petite histoire sombre dans un contexte de Saint-Valentin. 

J'ai attendu quelques jours après le 14 Février pour vous la présenter. Je ne voulais pas enrager les puristes qui trouveraient que cette histoire n'a pas sa place dans le contexte de la fête de l'amour (commercial). 

Bonne lecture!
---

Éva se réveille d’un sommeil difficile. Les explosions et les coups de feu au loin l'obligent à revenir dans la cauchemardesque réalité. Elle ouvre les yeux et regarde le plafond du garde-robe ou elle se trouve. Il est de plus en plus difficile de trouver un endroit sécuritaire pour dormir. La guerre a bouleversé sa vie. Elle est la dernière de sa famille. Ses parents et sa petite sœur ont été pris dans un feu croisé il y a un peu plus de trois mois. Il n’y a plus que Sam pour l’accompagner dans la migration vers l’ouest. À l’ouest, il y a des camps de réfugiés. Mais pour s'y rendre, il faut traverser les zones de combats.

Elle regarde autour d’elle et se rends compte que Sam n’est pas là. Il doit être parti chercher de la nourriture.

Se plaçant dos au mur, elle remarque le petit cadeau de Sam. Sur un tapis de fleurs se trouve une belle pomme. Ça doit faire deux semaines qu’elle n’a pas eu la chance d’en manger.

Elle n’ose pas encore la manger. Elle veut attendre Sam. Malgré la faim qui la tenaille, elle se retient. Sam est sa raison de se battre pour survivre. Sans lui, elle serait morte depuis bien longtemps.

Un grattement à la porte attire l’attention d’Éva. Elle frisonne et ramènes ses pieds sous elle. C'est possiblement un rat. Elle reconnait les petits bruits aigus de la créature. Avant la guerre, elle n’avait jamais croisé le chemin d’un messager de la mort. Les souvenirs se bousculent et elle repense à madame Lévesque qui repoussait les rats avec ses dernières réserves d’énergie. Les rats qui étaient en train de lui manger les pieds. Quand Sam et Éva sont arrivés, elle repoussait les rats avec un bâton. Mais les rongeurs revenaient pour continuer à manger la chair de ses pieds. Sam et elle firent en sorte que madame Lévesque puisse mourir avant d’être dévorée par les rats. Des images de cadavre à moitié dévoré se bousculent dans sa tête. Les yeux pleins d’eau, elle sort son petit couteau.

La porte est bien fermée. L’animal abandonne et quitte vers un repas plus facile. Éva n’osera pas sortir. Du moins, tant que Sam ne sera pas de retour.

Sam, celui qui la protège depuis le début de la guerre. Juste le fait de penser à lui, Éva sourit. Le cœur élevé elle regarda la pomme sur son nid de fleur. C’est à ce moment qu’elle remarqua un bout de papier avec son nom qui dépasse des fleurs. Elle le prend et l’ouvre pour lire ce qu’il contient.

Auprès de toi je suis comblé
Dans ce chaos tu es la beauté
Ma motivation pour continuer
Mon souffle de liberté

Chaque jour est rempli d’espoir
Grâce à toi ma belle Éva.

Je te suis totalement dévoué
Maintenant et pour l’éternité.

Bonne Saint-Valentin Éva.

C’est la Saint-Valentin, Éva ne l’avait pas réalisé. Pour ainsi dire, elle n’a pas porté attention à la date depuis un bon moment. Sa vie s’étant concentrée sur le présent avec un tel acharnement qu’elle ne voyait plus l’intérêt d’une date.

C'est grâce à Sam qu'elle a réussi à garder le goût de continuer. Sans lui, elle aurait abandonné il y a longtemps. Se laisser mourir dans cet environnement destructeur ne demande pas d'effort. Chaque jour, des milliers de soldats et de civils meurent. Un de plus ou de moins.

La garde-robe où elle se trouve est leurs cachettes depuis une semaine. Sam fait des sorties pour aller chercher un minimum de nourriture et de l'eau. Mais en dehors de ça, ils ne bougent pas de leurs cachettes. Selon Sam : « Mieux vaut rester caché et avoir faim que de sortir et de mourir d'une balle perdue. »

Le temps s'écoule et par le mouvement de la lumière sous la porte, Éva se rend compte que l'on est presque en fin d'après-midi. Sam revient toujours avant le coucher du soleil. Ce n'est pas normal qu'il ne soit pas déjà revenu.

L'inquiétude la prend au ventre. Et lui fait mal, beaucoup plus mal que la faim. Si quelque chose était arrivé à Sam? Comment pourrait-elle survivre sans lui?

Ramenant ses genoux sur son ventre avec les bras pour les entourer, elle se referme sur elle-même. Se faisant la plus petite possible, elle essaie d'arrêter ses tremblements. La peur, la peur de se retrouver seul dans cet enfer lui tenaille le cœur. Sans Sam, elle ne veut pas continuer. S’il ne revient pas, elle va en finir.

Le soleil est en train de se coucher. La lumière se fait de plus en plus faible sous la porte. La réalité la frappe. Sam ne reviendra pas. Elle est rendue seule.

Prenant son couteau, elle s'ouvre les poignets. La douleur laisse place à l'épuisement qui lui fait perdre connaissance. Étant déjà très faible, ce ne fut pas long pour qu'elle décède.

##

Il s’en fut de peu pour qu'il se fasse prendre. Les patrouilles sont de plus en plus agressives dans le secteur. Et cela lui fait réaliser qu'il doit quitter le secteur. Les maigres conserves qu'il a trouvées vont leur permettre de survivre quelques jours et possiblement trouver un nouvel endroit pour s'abriter.

Il retrouve la maison à moitié démolie ou lui et Éva sont installés. L'accès est difficile, mais la garde-robe qu’ils utilisent est presque intacte. Sa localisation fait en sorte que les patrouilles qui passent dans le secteur ne viennent pas les déranger.

À la porte de la garde-robe, Sam croise deux rats qui cherchent à passer sous la porte. Utilisant son couteau, il en élimine un pendant que l'autre se sauve. Ils sont de plus en plus agressifs. La nourriture commence à manquer et ils deviennent plus téméraires. Habituellement, ils vont chercher à manger les victimes des combats. Mais depuis quelque temps, ils osent s'attaquer aux vivants.

Alors qu'il est sur le point d'ouvrir la porte, Sam remarque un liquide qui dépasse un peu sous la porte. La lumière est très faible et il est difficile d'identifier ce que c'est. Il ouvre la porte.

La tête sur les fleurs, Éva est couchée sur le côté. Les yeux ouverts, elle regarde dans le vide. Il remarque les coupures au poignet. Éva s’est suicidée. Sam est figé, il ne comprend pas. Tout allait bien pour eux. Après tout ce temps à se battre pour survivre. Pourquoi elle avait décidé d'abandonner maintenant. Dans sa main, elle tenait le petit mot qu'il lui avait laissé pour la Saint-Valentin.

Tombant à genou, Sam prit Éva dans ses bras pour la bercer doucement. Dans un monde sans guerre, lui et Éva se seraient mariés pour bâtir une famille. Malgré la vie difficile qu'ils avaient présentement, Sam avait quand même l'espoir qu'un jour ils puissent s'en sortir et retrouver une vie normale.

Maintenant, sa raison de continuer venait de disparaître. Sam ne voulut pas bouger. Il resta là à bercer Éva.

La nuit passa. Le jour se présenta.

Quand Sam retrouva un peu de présence dans la réalité, il se rendit compte qu'une vingtaine de rats étaient en train de manger Éva. Avec son couteau, il en tua quelques un, mais la quantité était trop importante pour qu'il puisse prendre le dessus. Il fut mordu et du sortir de là par peur de se faire dévorer lui aussi pas la masse agressive.


Il regarde Éva se faire manger par les rats. Pourquoi continuer? Pourquoi il continuerait à se battre? Dans la lumière faiblissante, Sam s’assoit sur le sol et chuchote doucement : « Si je reste immobile, ils vont sûrement venir s’occuper de moi pour que je puisse la rejoindre. » Sam souri. Ils vont s'en sortir ensemble.

Thursday, 14 July 2016

Je souffre donc je suis…

"Ce texte est une oeuvre de fiction. S.V.P. trouvez votres propres interprétation de ce texte et que celle-ci vous aides à progresser dans votre vie."
- Serge Cote


Section 1


Je ne peux pas crier.

Je ne peux pas voir.

Je ne peux pas entendre.

Je ne peux pas sentir.




Mais je peux ressentir….   je souffre….





Je hurle en moi.

Le temps n’est plus.

Pourquoi je suis dans cette prison sensorielle?

Est-ce qu’il y a eu une réalité avant. Des souvenirs vagues d’une existence qui m’est lointaine.

Est-ce que je suis vraiment réel? Ou peut-être que je suis une pensée perdu dans l’immensité énergétique de l’univers?

Est-ce qu’il y a une existence au-delà de ce que je ressens?



Suis-je?

Comment puis-je ressentir si je ne suis pas?

Le vide, il n’y a rien.

Je souffre dans l’inexistence. Si l’inexistence, pourquoi je souffre?

« Aidez-moi!!! »

« Quelqu’un! Venez me sortir de cette souffrance! »






Le vide.

L’inexistence.

Je ne suis pas.

Peut-être que si j’arrête de penser, je vais simplement disparaître.

Oui, disparaître, c'est la solution.












Section 2

J’entends quelque chose. Un doux son qui attire mon attention. Un rappelle que je suis.

J’aime ce son, il me réchauffe et me fait oublier la souffrance. Il me fait oublier mon inexistence.

Je ne comprends pas ce qui se passe, mais je ressens une force qui m’attire. Elle me guide vers la douce lumière qui se présente au-delà de moi.

La réconfortante souffrance est en train de me quitter.

J’ai l’impression de perdre quelque chose. Je lutte pour ne pas aller vers la lumière. Elle ne peut pas me duper, je ne suis pas aussi facile à attraper.

Le son disparait et la lumière aussi. Et je reviens dans mon vide rempli de souffrance.










Le vide est une couverture qui me recouvre de son inexistence.

La souffrance est là, mais elle me semble plus lointaine.











Titillement.

Un bruit me dérange et me tire de ma torpeur.

J’entends une voie qui me dit :
-         « Je peux t’aider. »
-         « Pourquoi moi vouloir ton aide? » Je répondis
-         « Tu peux encore exister. Je peux te guider. »
-         « Exister c’est souffrir. » Je réponds
-         « Il y a de l’espoir pour expérimenter beaucoup plus que la souffrance. » « Ne te laisse pas disparaitre. »

Je pris un moment pour me demander ce que je voulais. C’est là qu’un flash m’apparut. Je ressentis l’amour, le plaisir, la joie et l’accomplissement venant d’expériences précédentes. Je compris que la souffrance n’était pas la seule expérience disponible.

-         « Ok, je vais te suivre. » Je répondis
-         « Suis le son de ma voie. » « Je vais te guider. »

Suivant la voie, je me retrouve près de la lumière. Cette-fois ci, je ne résiste pas. J’entre dans celle-ci.












Section 3

Je suis couché dans un lit d’hôpital. Devant moi il y a un médecin avec un grand dossier entre les mains.

-         « Vous devez regarder ce dossier. » Et le médecin me présente celui-ci.

J’ouvre le dossier. Il est vide. Il n’y a qu’un petit point noir en plein milieux de la page.

Je regarde le point et soudainement il m’aspire en lui. En un instant, tout me reviens.

Mes choix, mes actions et toutes mes différentes incarnations. Tout me revient.

Je comprends qui je suis et ce que je veux accomplir.

Je me rends compte de mes réussites et de mes échecs.

Je prends conscience de tout ce qu’il me reste encore à expérimenter.

J’ai toujours le même problème, je peux vouloir atteindre certain objectifs dans mes incarnations, mais j’oublie tout en m’incarnant.







Dans cette dernière incarnation, j’ai été un mouton.

Toutes ces années de certitude et de militantisme en faveur du nihilisme.

Je me trompais.

Si seulement je n'avais pas été pris dans le tourbillon de la toute puissante science. Toutes ces certitudes.

Si seulement je m'étais posé plus de questions. Si seulement j'avais gardé un esprit ouvert, peut-être que je me serais rendu compte qu'il y avait plus que ce que je croyais.

Bon, je ne peux pas changer ce qui s’est produit. Je ne peux pas revenir en arrière.

Pourtant, avancer c’est si simple. Juste l'acte de penser et de tenter de trouver une réponse est suffisant pour nous faire progresser. L'effort est la base de toute réussite.

Nous ne pouvons pas nous mentir à nous même. Alors, je dois apprendre à m'écouter. Si je ne me sens pas bien avec quelque chose, ce n’est pas important de savoir si c’est vrai ou pas. Si je ne suis pas bien, c’est possiblement parce que ce n’est pas bon pour moi.

Ici, je ne parle pas de religions. La grande majorité des organismes religieux sont plus intéressé à développer leur pouvoir sur les masses (comme les politiciens) que de vraiment vous aider à prendre votre envol.









Section 4

Mes plans établis, mon environnement choisi, je reviens m’incarner dans le corps d’un fœtus.

Dans mes premier instants, je garde souvenir de qui je suis et ce que je suis venu faire dans ce corps.

Mais petit à petit je perds le contact avec tout cela.

Et l’expérience existentielle m’accapare dans toute sa sublime réalité sensorielle.

Alors que je perds le contact avec ce que j’étais, un rush puissant et psychotrope m’assaille et me faire convulser dans le placenta. La femme, qui est en train de me donner vie, vient de consommer une drogue puissante.

Qu’elle le sache ou pas, elle vient de modifier ma croissance et je me retrouve aussi accro qu’elle à la drogue qu’elle consomme.

Et le cycle recommence, mais cette fois-ci avec une mère drogué qui me transmet sa dépendance. J’ai encore beaucoup à apprendre.


Fin

2016 01 01

Serge Cote

Thursday, 23 June 2016

Tuez-moi

Voici une histoire que j'ai écrite en 2005. Après une révision, j'ai décidé de la publier sur mon blog. Le concept original était pour un personnage de jeu de rôle que je voulais ajouter dans une game. Mais l'ocasion ne c'est jamais présenté.

Bonne Lecture

*/*

Habituellement, je n’ouvre jamais la porte après le coucher du soleil. Mais ce soir-là, je me suis laissé attendrir par la belle jeune femme qui se trouvait devant ma porte.

Cheveux noirs longs et brillants, de grands yeux gris profonds, des lèvres pleines et invitantes. Comment un homme peut-il résister devant une telle déesse. Il n’y a qu’une action possible, c’est de la laisser entrer et espérer qu’elle ne vient pas seulement pour utiliser le téléphone.

Lorsque j’ouvris la porte, elle me demanda si je pouvais la laisser utiliser mes toilettes. Je me doutais bien que cela n’était qu’un prétexte, mais je ne pouvais pas m’imaginer ce qu’elle avait en tête.

En marchant dans le couloir, elle me fit des remarques sur ma collection de couteau et d’épée. Moi, j’étais beaucoup plus intéressé par les courbes voluptueuses de son corps enveloppé de velours.

Pendant qu’elle était dans la salle de bain, je pris le temps de nous verser un petit verre de porto. Il n’y a rien de mal à prendre un petit porto avant de reprendre la route. Je me disais qu’elle allait sûrement accepter de prendre ce verre avec moi. J’avais l’espoir que cela pourrait se développer en quelque chose de plus intéressant.

En sortant de la salle de bain, elle sourit en prenant le verre. J’étais totalement sous son charme. Elle m’avait pris dans son filet.

Elle me raconta qu’elle était en route pour Montréal. Elle devait y faire un défilé de mode. Elle me dit qu’elle trouvait la route très longue ce soir. Et qu’elle aimerait bien trouver un Motel dans le coin pour s’y reposer.

Dans un élan de compassion je lui offris de prendre la chambre d’ami. Elle accepta avec son superbe sourire. J’étais tellement pris dans le tourbillon de mes fantasmes que je ne remarquai même pas qu’elle avait vidé le porto dans la plante sur le bord de la porte. Lorsqu’elle vint se coller en prétextant vouloir voir de plus près la peinture qui était juste derrières-moi, j’étais sur le point d’exploser. Elle me regarda dans les yeux et vint poser un baiser sur mes lèvres. L’instant d’après, je me suis retrouvé dans le lit avec cette déesse dénudé près de moi.

Je n’ai aucun souvenir de lui avoir fait l’amour. Mais je me souviens qu’elle me raconta que ce fut fantastique. Que j’étais le meilleur amant qu’elle ait rencontré de toute sa vie. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle n’avait pas profité de ma confusion pour m’enlever la vie. Pourquoi elle m’avait laissée reprendre mes sens avant de m’attaquer.

C’est au moment où j’étais en train de me lever pour aller aux toilettes qu’elle bondit dans mon dos et tenta de me mordre le coup. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que j’avais une formation en combat et que j’avais de bons réflexes. En roulant sur moi-même, je réussi à me sortir de son emprise. Et en moins de deux je me suis précipité vers la porte.

J’attrapai une lame juste avant qu’elle revienne pour me sauter à la gorge. Je ne me suis même pas posé de question. Mon bras propulsa la lame pour lui trancher la tête alors que je tombais sur le dos avec elle. Une fontaine de sang m’aspergea et une partie de ce liquide chaud me tomba dans la bouche. Le goût était sublime, je ne pensais pas que le sang pouvait créer une telle extase.

Je l'avais tué.

Depuis ce jour, je suis un vampire. Le sang est ma drogue.

Chaque soir, je vais chasser pour combler une soif qui ne s’étanche jamais.

J’ai perdu beaucoup de poids et j’ai pris l’apparence d’un cadavre.

Ma peau est blanche et translucide et je ne supporte plus le soleil.

Ma vie n’est plus une vie.

Je suis un monstre.

Une créature puante et infecte. Tout ce qu’il faut pour vomir.

Où est la romance gothique dans ce que je suis devenu ?

Chaque soir je me lève et j’ai besoin de tuer pour continuer à exister.

Le suicide, j’y ai pensé. Je ne comprends pas ce qui se passe, mais il y a un commandement en moi. Celui-ci m’empêche de me tuer. À chaque fois que j’essaie, je perds le contrôle et me retrouve dans un endroit hors de tout danger.

Je suis un immortel qui veut mourir.

J’ai l’éternité mais je n’en veux pas.

J’ai des pouvoirs fantastiques, mais je ne retire aucun plaisir de les utiliser.

Ma vie est une suite de supplice et je n’ai aucun espoir d’en finir.

J’ai écrit ce texte pour qu’un chasseur me trouve et me détruise. Je veux mourir.

Mon nom est Martin Desbiens, tous les soirs à 21:00, je viens prendre un verre de vin rouge au restaurant de la maison du spaghetti sur grande allée à Québec. Je porte une broche avec une oie blanche.

Serge Cote

2005 01 29

Sunday, 1 May 2016

Projet de vie

Je m’appelle Claude Morin. Je ne suis pas une vedette.

Il y a quelque temps, je chantais dans un groupe rock. Mon surnom était Clovis. La musique était toute ma vie. J’y investissais toutes mes énergies.

Mon arme secrète était que j’avais la capacité fantastique de simuler.

Dès mon enfance, on me diagnostiqua une insensibilité émotionnelle grave. Communément nommé par la presse populaire comme ‘Psychopathie’. Plus simplement, j’étais incapable de ressentir ce que la majorité des gens ressentaient.

Je dus apprendre à simuler les réactions reliées avec les émotions que j’aurais dû ressentir.

Comme j’étais différent, j’étais constamment en train de me chercher. En devenant chanteur, j’eus l’impression d’avoir trouvé ma voie pour joindre la communauté humaine.

Le nom de mon groupe était « Ex-Disorder ». On faisait dans le style « Disturbed », « Creed », « Seether » et « Nickelback ».

Maintenant, si je reviens à ce que je veux vous raconter, je dois vous parler de la première fois où je l’ai vue. C’était à l’un de mes gros shows. On était le band d’ouverture pour « Lacuna Coil » à l’impérial de Québec. Il y avait plusieurs centaines de personnes dans la salle.

Comme à mon habitude, j’aimais beaucoup m’approcher du bord du stage pour établir un contact personnel avec les gens dans la salle. Et ce soir-là, elle était dans la foule. Elle portait le gilet de notre band. Celui-ci était un peu déchiré pour laisser entrevoir ses formes voluptueuses. Elle ne portait rien sous le gilet. Je lui fis un grand sourire. Et je lui donnai un petit extra en lui envoyant un clin d’œil appréciatif.

On n’était pas un gros band, alors la sécurité en back stage était plutôt légère. De ce fait, il était relativement facile de venir nous voir. Ce soir-là, il y avait plus d’une dizaine de nos fans dans notre loge. Avec l’alcool et autre substance, on était sur le « party ».

J’étais en train de mordiller le lobe d’oreille de Julie quand Josiane entra dans la pièce. Mon attention se dirigea vers ma belle sorcière. Julie s’en rendit compte. Elle s’éclipsa de mes bras pour aller voir Jean (mon bassiste) qui passait à proximité de moi au même moment.

Sans hésiter, Josiane vint se blottir contre moi. Passant ses bras autour de mon cou, elle vint me chuchoter à l’oreille.

- J : « Moi c’est Josiane. » Mettant une intonation sensuelle sur son nom.
- J : « Clovis, tu es à moi. »
- C : « Est-ce que tu me mérites? » Fût ma réponse que je lui lancer en lui mordant le coup.
- J : « Je vais te faire oublier toutes les autres. » Me lança telle avec un grand soupir.

Elle n’était pas la première à me dire ça. En fait, elles me disaient toutes quelque chose dans le même genre. Elles s’imaginaient toutes que je j’allais devenir fou d’elles. Si seulement j’en avais eu la possibilité.

Nous avons passé la nuit ensemble. Au matin, on échangea nos numéros de téléphone avec la promesse de se revoir bientôt. Le sexe avait été bon, mais pas au-dessus de la moyenne. Je n’avais pas vraiment l’intention de la rappeler.

Une semaine plus tard, mon band se retrouva invité à venir faire une prestation sur le « Cyber Rock Stage ». C’était un « show » en ligne qui permet à des milliers de personnes partout dans le monde d’assister à notre show en « streaming ». Une opportunité fantastique de nous faire connaitre.

L’adrénaline au max, mon band est monté sur le stage pour se donner à 200%. L’ambiance était survoltée. À la deuxième chanson, j’étais déjà torse nue. La sécurité de l’endroit avait beaucoup de mal à contenir les femmes qui voulaient monter sur le stage. C’était la guerre.

L’ambiance était survoltée. Dans cette folie, je remarquai Josiane. Elle portait un corset en cuir noir bordé de dentelle. Elle me fit un énorme sourire et m’envoya un clin d’œil coquin. Pendant un moment, j’eus l’impression qu’elle m’avait lancé un sort.

Pendant la chanson « Inside the fire » du band « Disturbed », j’avais prévu d’utiliser une lame de rasoir pour me couper un peu le torse. Je trouvais que cela donnerait beaucoup d’intensité à ma prestation.

À la première blessure, je ressentis un petit pincement douloureux et un peu de sangs coula sur ma peau. Mais la réponse de la foule et l’ambiance électrique sur le stage m’incitèrent à me couper encore et encore. Parmi toutes ces blessures, j’ai possiblement accroché une veine principale. Le sang giclait à profusion.

L’un des jets rouges arriva jusqu’à la poitrine de Josiane. Mon sang sur sa peau blanche donna un effet monstre. Par la suite, de la voir dessiner un symbole pour ensuite porter son doigt à sa bouche, ce fut le summum de l’érotisme. J’étais hypnotisé par sa volupté. J’en ai presque perdu le fil de la chanson.

Après quelques moments, je me sentis moins énergique. La tête commençait à me tourner. Avec beaucoup de volonté, je réussis à finir ma chanson. Laissant tomber le micro au sol, je me dirigeai vers le bord de la scène où une fille de l’ambulance Saint-Jean m’attendait. Je perdis connaissance à ses pieds.

À mon réveil, j’étais dans le gros fauteuil de la loge. La belle ambulancière me nettoyait mes blessures.

- C : Je regardai mon drummer Frank pour lui demander « Comment ça s’est passé? »
- F : « On a foutu le bordel. Quand tu es tombé au sol, une bonne douzaine de femmes sont montées sur le stage en panique. C’était complètement fou. Ça fait juste 30 minutes que l’on a fini le show et les visionnements sur YouTube ont déjà dépassé les 30 000.» Me lança-t-il avec un grand sourire.
- C : « Ex-Disorder va prendre son envol. »
- F : « C’est pour la vie mon pot! Le band est en train de devenir une entité plus importante que chacun de nous. »

Il n’est pas en train de le devenir, il l’est depuis bien longtemps.

J’étais marié avec « Ex-Disorder ».

Je n’avais pas de vie en dehors du band. J’y consacrais tout mon temps et toutes mes énergies. J’étais le chanteur à temps plein. Quand je faisais mon épicerie, c’est le chanteur d’Ex-Disorder qui faisait son épicerie.

Le band était mon vampire. Cette entité me vidait de mon énergie. Comme capitaine bonhomme, un jour j’étais certain de mourir sur un stage.

Le lendemain, je reçus une livraison de fleurs. Une douzaine de roses rouges. Et il y avait ce petit mot de joint.

--
Tu es unique. Je suis heureuse d’avoir croisé ton chemin et j’espère que cela va se reproduire. Fais-moi signe.

Tendrement

Josiane --

Repensant à mon sang sur ses seins, j’eus envie de la revoir. Et je l’appelai pour l’inviter à venir passer la soirée avec moi.

Elle arriva avec une grosse boite en carton.

- J : « Mon beau Clovis. Je suis heureuse te revoir. » Elle m’embrassa langoureusement. Elle me donna la boite.
- J : « Un petit cadeau pour plus tard. Mets ça de côté. Je vais te dire quand tu vas pouvoir l’ouvrir. »
- C : « Oui, c’est comme tu le désires. »

Docilement, je mis la boite de côté. Pour une raison que je ne comprenais pas, j’étais enclin à suivre ses instructions.

Après avoir mangé et pris beaucoup de vin, elle m’indiqua qu’elle voulait que l’on aille sur le lit et que je devais emporter la boite. Je m’exécutai avec un petit point d’appréhension. Je n’avais pas l’habitude que l’on me fasse des surprises.

Elle sortit une baguette noire de son sac. Cela ressemblait à une baguette de drums mais un peu plus longue. Elle frappa le creux de sa main tout en me regardant avec un large sourire.

- J : « Clovis, je connais ton secret. »
- J : « Je vais m’occuper de toi comme tu le mérites. »
- J : « Je vais m’assurer que plus rien ne va se placer entre nous. Nous sommes unis pour l’éternité. »
- C : « Comme tu le désires. » Les mots étaient sortis de ma bouche en dehors de ma conscience. Mais je me sentais bien de l'avoir fait.
- J : « Mets-toi à genoux. Je suis ta maitresse et tu vas vouer un culte au sol sur lequel je marche. » J'étais un peu surpris. Je trouvais cela bizarre. Mais au fond de moi, je sentais que c’était approprié que je le fasse. Je ne voyais pas de raison de ne pas le faire.
- J : « À genoux. » Elle plaça sa baguette en arrière de mon coup et me força à me mettre à genoux. Elle n'eut pas besoin de mettre beaucoup de pression. Je me retrouvai à genoux devant celle.
- J : « Tu es à moi. Dès maintenant, tu vas te réserver uniquement pour moi. »
- C : « Oui maitresse. » Il y eut un déclic en moi. Une sensation merveilleuse m’engloba d’une douce chaleur. Je me sentis tellement bien.
- J : « Ouvre la boite. Mets ce qui s’y trouve. » J’ouvris la boite et en sortie un collier-de-chien assez grand pour moi et un ensemble en Latex noir.

On y passa toute la nuit. Je comblais toutes ses demandes et elle me récompensait en retour. Elle me donna des orgasmes sublimes. Je me sentais bien. Elle me donnait un sentiment d'être en sécurité. Je ne voyais plus ma vie sans Josiane. Elle était devenue le centre de mon univers et je n’existais que pour l’adorer.

Après avoir passée toute ma vie à jouer un personnage, là j’avais la certitude d’avoir trouvé qui j’étais vraiment.

Je mis de côté mon projet musical. Après avoir manqué deux répétitions et ne pas avoir donnée de nouvelles pendant plus d’une semaine, Frank, Jean et bob se présentèrent à mon appartement. Je me doutais que cela pouvait arriver. Sans moi, le band n’existait plus.

Après un moment, la discussion prit une orientation agressive. Des accusations firent irruption contre Josiane. Mes ex-compagnons musicaux avaient raison, Josiane venait de tuer Ex-Disorder.

C’est à ce moment que je me rendis compte que je n’avais plus d’intérêt pour le band et que j’allais les laisser tomber.

- C : Prenant un grand respire : « C’est fini. Je ne suis plus dans Ex-Disorder! Partez! Laissez-moi vivre ma vie. » Les gars furent bouche bée. Jean et Bob sortirent en silence. Avant de sortir, Frank me regarda tristement avant de m’envoyer une droite en plein visage. Je me retrouvai sur le dos. Il me regarda sans dire un mot et referma la porte derrière lui. Je ne pouvais pas lui en vouloir.

Je pensais que c’était fini. Que je n’aurais plus de nouvelles du band.

Mais je me trompais. Le lendemain, je commençai à recevoir des messages de fans sur mon cellulaire. Unanimes, ils voulaient que je revienne dans le band. J’en ai reçu plus d’une centaine la première journée. Les gars avaient mis un message sur la page du band pour demander aux fans de m’envoyer des messages pour que je revienne. Ils ont même mis mon numéro de téléphone dans le message.

J’en parlai avec Josiane. Elle me convainquit de venir habiter avec elle. De débrancher mon cellulaire et de fermer ma page Facebook. Que je devais prendre une pause. Elle allait s’occuper des autres pour qu’ils arrêtent de me troubler.

Je fis tout ce qu’elle me demanda sans hésitation. Dans la même soirée, j’avais déménagé mes choses. Josiane m’incita à laisser mes meubles et la majorité de mes biens en arrière. Elle allait s’occuper de tout.

Le dernier message que j’ai lu sur ma page Facebook parlait d’un accident de voiture impliquant les membres du groupe Ex-Disorder. J’hésité un moment avant de me déconnecter et de fermer mon compte. Cela ne me concernait plus.

Je suis sous la protection de ma maitresse. Je l’adore de tout mon être. Je ne sens pas le besoin de quitter l’appartement. Je suis son esclave et cela ne me dérange pas. En fait, je suis bien. Je plane sans me soucier de quoi que ce soit. Elle s’occupe de moi et je suis heureux.

Je n’ai plus entendu parler d’Ex-Disorder.


Josiane est le centre de mon existence, rien n’a plus d’importance en dehors de l’adorer.

-------------------------------
Par Serge Cote 201600501
---------------------------