Thursday, 23 June 2016

Tuez-moi

Voici une histoire que j'ai écrite en 2005. Après une révision, j'ai décidé de la publier sur mon blog. Le concept original était pour un personnage de jeu de rôle que je voulais ajouter dans une game. Mais l'ocasion ne c'est jamais présenté.

Bonne Lecture

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Habituellement, je n’ouvre jamais la porte après le coucher du soleil. Mais ce soir-là, je me suis laissé attendrir par la belle jeune femme qui se trouvait devant ma porte.

Cheveux noirs longs et brillants, de grands yeux gris profonds, des lèvres pleines et invitantes. Comment un homme peut-il résister devant une telle déesse. Il n’y a qu’une action possible, c’est de la laisser entrer et espérer qu’elle ne vient pas seulement pour utiliser le téléphone.

Lorsque j’ouvris la porte, elle me demanda si je pouvais la laisser utiliser mes toilettes. Je me doutais bien que cela n’était qu’un prétexte, mais je ne pouvais pas m’imaginer ce qu’elle avait en tête.

En marchant dans le couloir, elle me fit des remarques sur ma collection de couteau et d’épée. Moi, j’étais beaucoup plus intéressé par les courbes voluptueuses de son corps enveloppé de velours.

Pendant qu’elle était dans la salle de bain, je pris le temps de nous verser un petit verre de porto. Il n’y a rien de mal à prendre un petit porto avant de reprendre la route. Je me disais qu’elle allait sûrement accepter de prendre ce verre avec moi. J’avais l’espoir que cela pourrait se développer en quelque chose de plus intéressant.

En sortant de la salle de bain, elle sourit en prenant le verre. J’étais totalement sous son charme. Elle m’avait pris dans son filet.

Elle me raconta qu’elle était en route pour Montréal. Elle devait y faire un défilé de mode. Elle me dit qu’elle trouvait la route très longue ce soir. Et qu’elle aimerait bien trouver un Motel dans le coin pour s’y reposer.

Dans un élan de compassion je lui offris de prendre la chambre d’ami. Elle accepta avec son superbe sourire. J’étais tellement pris dans le tourbillon de mes fantasmes que je ne remarquai même pas qu’elle avait vidé le porto dans la plante sur le bord de la porte. Lorsqu’elle vint se coller en prétextant vouloir voir de plus près la peinture qui était juste derrières-moi, j’étais sur le point d’exploser. Elle me regarda dans les yeux et vint poser un baiser sur mes lèvres. L’instant d’après, je me suis retrouvé dans le lit avec cette déesse dénudé près de moi.

Je n’ai aucun souvenir de lui avoir fait l’amour. Mais je me souviens qu’elle me raconta que ce fut fantastique. Que j’étais le meilleur amant qu’elle ait rencontré de toute sa vie. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle n’avait pas profité de ma confusion pour m’enlever la vie. Pourquoi elle m’avait laissée reprendre mes sens avant de m’attaquer.

C’est au moment où j’étais en train de me lever pour aller aux toilettes qu’elle bondit dans mon dos et tenta de me mordre le coup. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que j’avais une formation en combat et que j’avais de bons réflexes. En roulant sur moi-même, je réussi à me sortir de son emprise. Et en moins de deux je me suis précipité vers la porte.

J’attrapai une lame juste avant qu’elle revienne pour me sauter à la gorge. Je ne me suis même pas posé de question. Mon bras propulsa la lame pour lui trancher la tête alors que je tombais sur le dos avec elle. Une fontaine de sang m’aspergea et une partie de ce liquide chaud me tomba dans la bouche. Le goût était sublime, je ne pensais pas que le sang pouvait créer une telle extase.

Je l'avais tué.

Depuis ce jour, je suis un vampire. Le sang est ma drogue.

Chaque soir, je vais chasser pour combler une soif qui ne s’étanche jamais.

J’ai perdu beaucoup de poids et j’ai pris l’apparence d’un cadavre.

Ma peau est blanche et translucide et je ne supporte plus le soleil.

Ma vie n’est plus une vie.

Je suis un monstre.

Une créature puante et infecte. Tout ce qu’il faut pour vomir.

Où est la romance gothique dans ce que je suis devenu ?

Chaque soir je me lève et j’ai besoin de tuer pour continuer à exister.

Le suicide, j’y ai pensé. Je ne comprends pas ce qui se passe, mais il y a un commandement en moi. Celui-ci m’empêche de me tuer. À chaque fois que j’essaie, je perds le contrôle et me retrouve dans un endroit hors de tout danger.

Je suis un immortel qui veut mourir.

J’ai l’éternité mais je n’en veux pas.

J’ai des pouvoirs fantastiques, mais je ne retire aucun plaisir de les utiliser.

Ma vie est une suite de supplice et je n’ai aucun espoir d’en finir.

J’ai écrit ce texte pour qu’un chasseur me trouve et me détruise. Je veux mourir.

Mon nom est Martin Desbiens, tous les soirs à 21:00, je viens prendre un verre de vin rouge au restaurant de la maison du spaghetti sur grande allée à Québec. Je porte une broche avec une oie blanche.

Serge Cote

2005 01 29