Sunday, 31 January 2016

La Terre Tourne

Plaçant un nouveau clip dans mon Glock, j’active l’arme pour faire entrer la balle dans la chambre. Je dois me concentrer. Chaque balle compte. Je ne peux pas me permettre de manquer ma cible.

Encore deux couloirs à franchir. Un peu moins de 20 mètres avant d’arriver au laboratoire de Sophie. Je dois me concentrer sur le moment présent. Il faut que je sois efficace.

J’ouvre la porte de l’étage en essayant de faire le moins de bruits possible. C’est alors que l’odeur, cette odeur qui m’était inconnu il y moins de 2 jours. L’odeur terrible de la chaire qui se décompose me prend par surprise malgré que ce ne soit pas la première fois. Je reprends le control avec ma volonté. Je dois sauver Sophie. Plus rien d’autre n’a d’importance. Je regarde de chaque côté. Le couloir est vide. Je retiens la porte de la cage d’escalier pour qu’elle ne claque pas en se fermant. Restant alerte, je m’avance vers le secteur du laboratoire.

La première porte sur la gauche est celle du bureau de Jacques. Un gars qui m’a vendu sa Honda Civic l’année passée. C’est justement cette voiture là que j’ai utilisé pour m’en venir ici. Je m’arrête sur le bord de la porte entre ouvert. J’entends du bruit à l’intérieur. Quelqu’un est en train de manger quelque chose de juteux. Je dois me concentrer, ne pas laisser mon imagination s’emballer. Je dois rester calme.

Rapidement je jette un coup d’œil à l’intérieur. Il y a quelqu’un d’agenouillé au sol près du bureau. Cette personne est dos à la porte. Elle est penchée sur une autre personne couchée sur le dos. Je ne vois que les jambes de cette deuxième personne. J’évite de faire du bruit. Si je le peux, j’aimerais arriver au laboratoire sans avoir besoin de tirer une seul balle.

Je dépasse l’entré et continue silencieusement dans le sombre corridor. Sur la droite il y a le bureau de Lise. La porte est fermée. Mais dans la petite fenêtre sur le côté je peux voir que le bureau est un champ de bataille. Il y a des éclaboussures de sang un peu partout dans le bureau. Il ne semble pas y avoir de vie à l’intérieur. Je continue mon chemin.

Tout va bien, il ne semble plus y avoir personne sur l’étage. J’avance vers la porte du fond en regardant de chaque côté dans les bureaux vides. Mon cœur accélère en approchant de mon objectif.

Le message que ma sœur m’a envoyé sur mon cellulaire ne laissait planer aucun doute. Le laboratoire a été pris d’assaut par les enragés. Elle est prise dans le sas de la chambre de test. D’un côté il y avait deux technicienne de laboratoire ayant été contaminé et de l’autre se trouve Albert Ducharme le directeur du laboratoire qui lui aussi a été contaminé. Par chance, Sophie a réussi à barrer les portes du sas, mais de ce fait, elle est prise là.

J’arrive à la hauteur du bureau de Sébastien. La porte est ouverte et j’entends du bruit venant de l’intérieur. Merde, je suis presque rendu à la porte du couloir pour se rendre au laboratoire. Rapidement, j’essaie de voir ce qui se passe à l’intérieur. Même si je fais cela rapidement, l’enragé qui se trouve là me voit et s’élance dans ma direction. Visant la tête, je tire deux fois. Je touche la joue et le front de l’enragé et il s’effondre.

J’entends plusieurs cris sur l’étage et je m’élance en direction de la porte du couloir. Sans regarder en arrière de moi j’ouvre la porte rapidement pour la refermer aussitôt. Par la petite fenêtre, je vois plusieurs enragé qui fonce vers la porte. Je n’ai pas les clefs pour barrer celle-ci. Me retournant pour prendre le corridor vers le laboratoire, je me retrouve face à face avec Jule. Jule est le directeur marketing d’Idepharma. Merde, je suis mort. À cette distance je n’ai pas le temps de lever mon arme pour l’abattre. Mais il n’attaque pas. Son regard est terne et il me dit : « Toi aussi tu n’es pas contaminé? Est-ce que je peux venir avec toi? »

Et moi de répondre : « C’est certain Jule, mais il faut se dépêcher. Il y en a une demi-douzaine qui s’en vienne vers nous. Vite, il faut bouger. » Sur ce, je le prends par le bras et le force à courir pour aller vers le labo.

Je n’avais pas encore ouvert la porte du labo que j’entendis la porte à l’autre bout du corridor s’ouvrir et la horde d’enragé s’engouffrer en arrière de nous. Gardant mon attention sur la porte du labo, je l’ouvris et fit entrer Jule pour ensuite la refermer en actionnant la barrure de l’intérieur. Cette porte barrée devrait les retenir un peu.

C’est en me retournant que j’entendis Jule s’exclamer : « Non! » Du coin de l’œil je vois une technicienne qui essai de mordre Jule. Je m’avance rapidement. Jule tient la tête de la technicienne à bonne distance pour qu’elle ne le morde pas. J’appuis le canon sur la tête de l’enragé et je tire une balle. La calotte explose et la cervelle s’étale sur le mur juste en arrière. Je n’ai pas le temps de relaxer, l’autre technicienne s’avance rapidement vers moi. Je vise et je tire. La balle frappe dans son nez et traverse la tête pour ressortir en arrière avec une partie de la cervelle. Elle s’effondre. Selon ce que Sophie m’a dit, il ne devrait pas y avoir d’autre enragé dans la pièce.

Je regarde Jule : « Est-ce qu’elle t’a mordu? » Il me fait non de la tête. Le regard fixe sur les morceaux de cervelle qui tombe progressivement du mur pour s’échouer sur le plancher. Rien de plaisant, mais je dois me concentrer et m’occuper de trouver un moyen pour sortir Sophie d’ici. Je m’avance vers la porte du sas. Dans la vitre je voie ma sœur qui est accroupis dans un coin.

« Sophie! » Je frappe dans la vitre. « Sophie je suis là! » Elle lève la tête et me regarde. Dans ces yeux une flamme d’espoir s’allume. « Tu as reçu mon message! Mon petit frère, je suis tellement heureuse de te voir. » Elle se lève pour venir ouvrir la porte et sauter dans mes bras. Me serrant très fort contre elle. « Il faut quitter la ville. On ne peut plus rien faire ici. L’endroit est compromis. Je connais un laboratoire sécuritaire. Il faut y aller maintenant. J’ai peut-être encore une chance de trouver un vaccin.»

Ma petite sœur, la cervelle de la famille Latendresse, elle pourrait trouver le moyen de régler cette crise. Je sourie et un vent d’espoir souffle sur mon visage. Il faut que je m’assure qu’elle puisse se rendre à ce laboratoire et travailler sur le vaccin. « En premier, je dois nous faire sortir d’ici sain et sauf. » S’étirant pour prendre un sac à dos, elle le remplit de papier et d’un ordinateur. Pour ensuite me le donner. « Mets ça dans ton dos et attache le solidement. Il ne faut pas que tu le perdes. Là-dedans il y a assez d’information pour trouver comment combattre le virus. Il y a toutes l’info que j’ai été capable d’avoir venant de la patiente zéro. Elle aurait été contaminé au lac du Chiapas, dans le sud du Mexique.»

J’ajuste le sac pour qu’il ne ballote pas. Comme ça, son contenu ne viendra pas frapper dans mon dos quand je vais courir.

Jule est en boulle et il chigne. Merde, il faut qu’il se reprenne ou je vais devoir le laisser en arrière. Ma priorité c’est Sophie.

Bang! Bang! Les enragés devant la porte sont de plus en plus nombreux et de ce fait, la porte commence à craquer sous les coups. Je ne sais pas combien de temps j’ai encore avant qu’ils entrent. Faut que je trouve une autre sortie. Peut-être les conduits de ventilation. On est proche du conduit principal. On pourrait peut-être ramper jusqu’à lui et ensuite sortir dans la cage d’ascenseur. À partir de la cage, on peut avoir accès à un étage qui serait moins remplis d’enragés.

Je m’approche de Sophie : « On pourrait peut-être accéder à la ventilation. Ça s’en va vers les ascenseurs et de là on va pouvoir changer d’étage et trouver un étage moins congestionné où l’on va pouvoir prendre la cage d’escalier de service. C’est par là que je suis venu ici. »

Elle me sourit : « Oui, tu connais bien la bâtisse. Si c’est possible, on va te suivre. »

Plaçant un bureau en dessous de la trappe principale, je monte sur celui-ci pour ouvrir la grille. Ouf! Le conduit n’est pas large, ça va être serré. Mais je crois que l’on peut passer. Le seul problème, c’est que je crois que ça va être juste assez solide pour le poids d’une personne. On va devoir y aller en laissant un bon 5 pied entre nous pour répartir le poids au maximum. Je me dois d’entrer en premier, je suis le seul à connaitre la direction que l’on doit prendre et pour moi c’est facile de m’orienter dans la bâtisse même dans un conduit de ventilation.

Je place une chaise sur le bureau et j’explique à Sophie et à Jule comment monter dans le conduit. Et je leurs spécifie de laisser 5 à 6 pieds entre eux avant d’entrer dans le conduit.

J’entre dans le conduit. J’ai moins de 6 pouces de libre de chaque côté. Je me dois de me déplacer comme un serpent avec les bras en avant et à me tortiller pour avancer. C’est terriblement lent. J’espère que la conduite va s’agrandir quand on va atteindre le couloir qui est à moins de 10 mètres. J’entends quelqu’un monter dans le conduit après moi. Je ne sais pas si la distance est bonne. J’espère juste que le conduit va être capable de soutenir le poids.

J’arrive enfin au conduit du corridor et comme je le pensais, il est le double de celui ou je me trouvais. J’ai la capacité de me mettre à quatre pattes pour avancer. Je prends deux seconde pour regarder dans le conduit d’où je viens. C’est le visage de Jule qui me regarde et je vois dans ces yeux qu’il ressent le malaise des espaces clôt. Je lui fais mon sourire rassurant et je lui indique la direction que je prends. Ensuite je m’élance dans le conduit. Il ne faut pas trop se rapprocher, je ne voudrais pas que le conduit se décroche et nous fasse tomber au sol devant un groupe d’enragé.

J’avance plus rapidement et je me retrouve devant le conduit qui débouche sur l’ascenseur. Je regarde en arrière et j’indique à Jule de prendre ce conduit. Je m’avance pour entrer dans la cage de l’ascenseur. La cabine est en face d’un étage beaucoup plus bas. Sur le côté  il y a une échelle métallique qui nous permet de monter ou descendre. J’embarque dessus et je regarde dans le conduit. Jule s’en vient. Je lui crie : « Tu vas descendre d’un étage en utilisant l’échelle. Moi je vais monter pour que tu puisses passer. Rendu à la prochaine porte, attends que moi et Sophie on arrive. N’essaient pas d’ouvrir la porte. Je vais le faire. »

Je monte un peu plus haut sur l’échelle de métal. Je vois Jule passer et descendre vers la porte plus bas. J’attends et j’attends. Mais Sophie n’arrive pas. Je descends pour voir ce qui se passe. En regardant dans le conduit, je la vois qui progresse difficilement. « Est-ce que tu vas être capable de continuer. On a un 4 mètres à descendre par une échelle de métal avant d’arriver sur l’autre étage. Ensuite, on va avoir à parcourir un bon 15 mètres avant d’arriver à la cage d’escalier de service. Si tu veux, on peut prendre un break ici avant de continuer. » Elle me fait un grand sourire : « oui, je crois que je vais avoir besoin d’un petit break avant de continuer. »

Me tenant sur le bord du conduit, je la regarde lentement s’en venir.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai soudainement le besoin de regarder ce que Jule est en train de faire. Regardant en bas, je ne le vois plus. Et je remarque que la porte extérieure de l’ascenseur est ouverte. Le con ne nous as pas attendu. S’il croit s’en sortir sans nous. Qu’il s’arrange tout seul. Moi, je vais me concentrer sur Sophie.

Je retourne mon attention sur Sophie. Elle est couchée sur le côté à une dizaine de pieds de moi. « Sophie, est-ce que ça va? » Elle ne répond pas. Soudainement, son corps se met à trembler. Elle est en état de choc. Merde, j’entre dans le conduit pour la rejoindre. Quand j’arrive à sa hauteur, je la prends dans mes bras. Elle est bouillante et sa peau est recouverte d’une couche de sueur. « Sophie, est-ce que tu m’entends? Réponds-moi. » Mais elle ne fait que trembler. Qu’est-ce que je peux faire? Je ne sais pas ce que je peux faire. Qu’est-ce qui lui arrive? Elle se met à émettre des sons. Mais je ne suis pas capable de comprendre ce qu’elle dit. Je viens coller mon oreille sur sa bouche pour essayer de comprendre quoi que ce soit. « Saint-Raymond »  « Va à Saint-Raymond. » Elle finit par me dire. « On va y aller ensemble, je vais t’aider à y aller. Tu vas juste te reposer un peu et on va s’en aller à Saint-Raymond. »

Elle tremble tellement que son corps sursaute dans mes bras. Je ne sais pas quoi faire. Ma sœur, ma grande sœur est en train de mourir dans mes bras et je ne sais pas quoi faire pour l’aider. « Dis-moi quoi faire. Dis-moi comment je peux t’aider à retrouver la santé. Sophie, ne me laisse pas tout seul. Je ne pourrai pas survivre sans toi. » Soudainement, elle arrête de trembler et un profond et long soupire sort de sa bouche. « Non, Sophie. Restes avec moi. J’ai besoin de toi. » Elle ne bouge plus. Je ne sens plus son corps bouger. Je crois qu’elle ne respire plus. Je mets le bout de mes doigts sur son coup pour sentir son pouls. Mais je ne détecte rien. Je place ma main sur son cœur, mais je ne sens rien.
Je ne sais pas combien de temps je suis resté dans le conduis. C’est comme si mon cerveau c’était déconnecter. Je n’ai plus de motivation. Je n’ai plus le goût de vivre. Ce qui me fit sortir de mon apathie c’est le bruit d’une personne qui me parle.

« Marc. J’ai besoin de ton aide. Marc, j’ai été mordu. Je perds beaucoup de sangs. Il faut que tu m’aides. »

Je tourne la tête pour regarder l’entrée du conduit d’où Jule me parles. Il a une plaie ouverte sur l’épaule et il a le visage blanc. J’ai déjà vu ça, il est en train de perdre le combat contre le virus. Je ne peux plus rien faire pour lui. Il est perdu.

« Hey! Tu dois m’aider. Tu vas m’aider! » De l’écume commence à poindre sur les côtés de sa bouche. La rage est en train de le prendre.

« Arghhhhh! Mich mou arg vish to nark! » Il entre dans le conduits et s’avance vers moi. Les yeux injectés de sangs et le corps tremblant d’agressivité. Je sors mon arme et je vise.

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Quelques jours plus tard…

Journal télévisé TVA 18h

« Bonjours.

Le grand titre ce soir. L’état d’urgence est levé officiellement.

Le virus de la rage ayant sévi dans la région de Québec a été contenu et maitrisé. Aucun nouveau cas dans les trois derniers jours. Les forces armées en place vont débuter un retrait progressif.

Après le combat, c’est le temps de faire le bilan. 

Cet après-midi, Marc Latendresse le héros de Saint Raymond, va rencontrer le premier ministre du Canada pour recevoir la médaille de la bravoure.»

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13 mois plus tard…

Sur le lac du Chiapas au Mexique. Pédro est en train de pêcher avec son frère Miguel.

« Il faut faire vite, les gardes peuvent passer dans le coin d’un moment à l’autre. Lance le filet ici. Je sais qu’il y a beaucoup de poisson dans ce coin. » Lança Pédro à son frère.

« Je n’aimes pas venir pêcher ici. Selon la sorcière Maria, le démon est encore près de l’église. Je ne veux pas qu’il me prenne. » Lui répondit Miguel.

« On va faire cela rapidos et on revient au village. »

Les deux hommes lance le filet dans l’espoir d’attraper une bonne quantité de poissons.

Ramenant le filet dans la chaloupe, les deux hommes sont heureux d’avoir choisi cet endroit. La pêche est bonne dans ce secteur. Surtout grâce aux histoires de démon qui circulent. Pédro ne croit pas au démon. Tant qu’ils ne se font pas prendre par les gardes du parc, ils peuvent pêcher ici sans vraiment de problème.

« Regarde celui-là. Il est bizarre ce poisson chat. » Miguel tenait dans ses mains un poisson chat de 1 pieds de long avec des taches bleu et rouge sur tous le corps. Pendant qu’il le montrait à Pédro, le poisson se tordit et lui mordit la main.

« Ouch! Il m’a mordu! » Miguel lâcha le poisson qui tomba hors de la chaloupe.

Pédro s’approcha de son frère pour regarder la morsure. « C’est superficiel, on ira voir le guérisseur en arrivant au village. » Et sur ce, les frères prirent le chemin du retour.
**Musique Rock qui joue avec un chanteur qui lance ces mots avec rage**
« Jouer à être dieu
Omnipotent dans les cieux
Imposer sans compter
Sacrifier sans se soucier »

« Le mal fait aux autres
Va revenir sur nous
Conscience en faute
Seul en dessous »

Refrain
« La Terre tourne
Elle va se venger
La Terre tourne
On va tous payer. »

« Le parasite va périr
La nature va sévir
Le retour destructeur
Contre les usurpateurs »

« Respecter c’est exister
L’autre c’est moi
La rage de soi
Destruction de l’humanité”

Refrain
« La Terre tourne
Elle va se venger
La Terre tourne
On va tous payer. »

- Chanson composé par Serge Cote

Fin

Serge Cote
2016 01 16

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